Le rêve de tout étudiant, concrétisé par la SNCF… N’avez vous jamais imaginé, vous pauvres étudiants pouvoir dire à votre banquière : « Ok, j’ai dépassé mon découvert autorisé de plus de 500€, mais bon, je vous avais averti, alors l’affaire en reste là, hein ! » ?
Et bien c’est ce que fait la SNCF…
Rappel des faits : Le 2 Janvier dernier, revenant de ma Bretagne adorée, et pas particulièrement pressé de rentrer me geler dans les provinces orientales de la France, j’ai pris le train. Ô malheurs, Ô tristesse… Quel choix regrettable… Alors bon, les retards en train, je connais, j’avais accumulé l’année dernière près de 52 heures de retard en 7 allers-retours (rien que ça c’est flippant). Mais là, j’allais atteindre des sommets dans la démonstration de la force de frappe de la SNCF…
Le train est à quai (quai numéro 10 je crois d’ailleurs), annoncé sur mon Android 45 minutes avant le départ, il ne sera annoncé à la plèbe s’entassant dans la gare que 5 minutes avant l’heure de départ prévue… J’ai donc eu la chance d’avoir une place assise, et heureusement car la scène allait relever de l’anthologie. Au bout de 15 minutes de retard au départ, les lumières s’éteignent dans le train et on réalise alors que des dizaines de personnes tentent toujours de rentrer dans le train… Vous avez vu les trains dans les zones de guerre ? Ça y ressemblait fortement…
25 minutes après, les lumières se rallument et la voix de notre pauvre chef de train (visiblement dépassée par la situation) nous annonce texto : « Suite à une surcharge, ce train ne peut partir pour des raisons de sécurité »…
Je ne sais pas si vous connaissez les Paris-Troyes, mais ce sont généralement (et c’était le cas), de grosses locomotives qui rappellent aux âmes pures et innocentes scoutes les trains de l’empire de Russie (pré-1917 donc) dans « Anastasia »… Alors le coup de la surcharge c’est risible.
Sur le coup, et alors que des rumeurs d’annulation se faisaient de plus en plus pressantes, j’avais tweeté sur la situation et j’avais eu le droit à une réponse d’un brave (non péjoratif) contrôleur SNCF qui me répondait :

patrikryann PatrikRyann
Le bon plan de la #sncf: vendre trop de billets, charger comme des porcs et annuler pour cause de surcharge…

@SNCF_Veille SNCF
@patrikryann Dans un train à résa obligatoire, c’est impossible. Sur TER, certains billets sont valable 2 mois. Donc 1er arrivé 1er assis.
Bon, finalement, mon train était parti et j’étais arrivé, avec beaucoup de retard sur Troyes, ayant loupé les bus me ramenant jusqu’à chez moi (je remercie d’ailleurs l’âme généreuse qui m’avais ramené). À l’arrivée, j’ai bien repéré l’employée de la SNCF qui distribuait les petits coupons de retard et je m’étais fait un devoir civique que de renvoyer mes billets à la SNCF…
3 mois plus tard (on admire encore une fois la puissance d’une administration qui risque de prendre cher face aux Ultra-Rhinois de la DB), je reçois le courrier de la SNCF. Habitué des remboursements, je me dis que c’est un bon de transport et une lettre d’excuses… PERDU !
La lettre est bien une lettre d’excuses, mais pour le remboursement, Peanuts ! Je cite :
« A la suite d’un afflux de voyageurs qui a entraîné la modification de la circulation de votre train, celui-ci a été retardé et la régularité du trafic a été perturbée.
Une information en ce sens a été faite à notre clientèle sur l’éventualité du retard de ce train en circulation, et l’indemnisation pour retard a été suspendue »
Ô grande SNCF, j’espère très sincèrement que tu ne vois pas de causalité entre la suspension de l’indemnisation et l’information à ta clientèle… parce que très sincèrement, écris donc à ton banquier, toi le gratte papier qui a rédigé cette lettre en 10000 exemplaires (au moins) :
« A la suite d’un afflux de postes de dépenses qui a modifié l’équilibre de mon compte personnel, je me suis retrouvé dans le négatif.
Une information en ce sens à été faire à votre service redressement sur l’éventualité d’un dépassement du découvert autorisé et le paiement des agios a été suspendu. »
Pas sur que ton banquier le prenne avec autant d’humour que moi…
Alors honnêtement SNCF, le temps où les bons français considéraient que la SNCF était un service public comme les pompiers est révolu. Tu parles de clients, tu augmentes (scandaleusement) tes prix, tes wagons bars sont (quasi) toujours en rupture de stock, tes trains sont souvent dans un sale état, tu fais des pubs à la télé, tu as adopté un système de réservation calqué sur les compagnies aériennes et tu uses et abuses du surbooking (pardon, Sur-Réservation est marqué sur les billets), tes trains sont quasi systématiquement en retard, tu délaisses les lignes non-rentables pour favoriser certains axes plus argentifères… Non, pour moi tu n’es plus un service public, tu n’es qu’une entreprise (certes public), dont la moralité commerciale se rapproche de celle d’un chacal en plein désert…
Et ce que l’on pourrait pardonner à un service public, qui desservirait toutes les gares, qui garderait des tarifs uniques, qui maintiendrait ses équipements en bon état, qui ne tenterait pas de se faire de l’argent sur le dos de ses clients, je ne le pardonne pas à des commerciaux.
J’ai toujours été un loyal client de la SNCF, j’ai toujours respecté le matériel et les hommes de la SNCF, je plaisante de temps en temps avec les contrôleurs, je préfère utiliser le train que la voiture, et pourtant je ne devrais pas…
Ô SNCF de mon coeur, savais tu que rentrer dans mon foyer depuis là où je suis étudiant coûtait deux fois moins cher et était trois fois plus rapide si je prenais l’avion ?